Méthodologie

vendredi 19 septembre 2008, par Paul Monnoyer

UNE DEMARCHE EXPLORATOIRE

Comme pour toute enquête de ce type, pour élaborer un questionnaire, un travail en amont était requis. Ce travail permet l’élaboration du questionnement. Ainsi, de façon à prendre pleinement en compte leur point de vue sur des questionnements qui leur parlent et en rapport réel avec leur expérience des entretiens ont été réalisés auprès de collégiens. Les entretiens exploratoires avaient pour objectif de recueillir la parole d’adolescents « de façon à prendre en compte leur point de vue sur des questionnements qui leur parlent et en rapport réel avec leur expérience. » Ce fut l’occasion d’interroger différents adolescents sur leurs pratiques pendant leur temps libre, encadrées ou non, leur satisfaction quant à l’offre publique et associative qui leur est proposée. Les entretiens réalisés sont des entretiens semi-directifs menés à partir d’un guide d’entretien thématique . Ces entretiens duraient environ une heure. Ils ont été réalisés avec des collégiens volontaires au sein des collèges de l’Iroise et Kéranroux. Un garçon et une fille de chaque niveau ont été rencontrés dans chaque collège, ainsi qu’un garçon et une fille de Segpa et d’UPI. Un garçon de la 3ème d’insertion du collège de Kérichen a également été interviewé.

En parallèle, un travail d’audit des personnels des établissements scolaires, équipements, services devait permettre de circonscrire l’essentiel du questionnement de ces acteurs en matière de gestion du temps libre éducatif des adolescents. Les délais de réalisation de l’enquête étaient très serrés. L’enquête ayant commencé le 5 mai, et les questionnaires devant être imprimés pour diffusion à partir du 9 juin, l’audit des acteurs éducatifs et personnels des services n’a pu être réalisé dans les conditions proposées.

Cependant les questionnements des chefs d’établissement, en particulier, ont été recueillis de manière informelle. Chaque chef d’établissement des collèges publics a été rencontré avant la construction du questionnaire. Ces rencontres, furent l’occasion de présenter les objectifs de l’enquête et d’évoquer avec les principaux et conseillers principaux d’éducation également, les sujets qui pouvaient être traités dans le questionnaire. Par exemple, nous avons évoqué la question des sorties le samedi soir que nous voyions au départ plutôt comme un phénomène touchant les lycéens. Lors d’une de ces rencontres nous avons échangé autour des questions sur la religion, l’origine étrangère des collégiens que nous avons choisies de ne pas aborder.

Le questionnaire comprend 267 questions et fait 9 pages. Il peut paraître extrêmement long, mais il ne l’était vraiment que pour ceux qui ont au moins trois activités sportives ou culturelles. Les questions sur ce thème se répétant pour chaque activité.

Beaucoup de questions sont fermées, même si nous en avons laissées un certain nombre d’ouvertes pour ne pas donner aux collégiens le sentiment d’être enfermés dans des propositions et surtout parce que c’était important de les laisser mettre leurs mots sur leurs pratiques, leurs activités et leurs besoins.

Au premier abord les collégiens réagissaient assez négativement en voyant la longueur du questionnaire, puis finalement, dans la mesure où ils avaient une heure pour le remplir, prenaient le temps de le faire. Seuls 157 collégiens interrogés n’ont pas répondu « sérieusement », « sincèrement » au questionnaire.

Les réactions des collégiens avaient pu être devancées grâce à la phase test qui consistait à tester le questionnaire auprès d’adolescents. Ces phase, permet d’avoir des retours sur les questionnaires, d’échanger avec les collégiens sur les questions si elles sont claires, satisfaisantes, et de dégager les difficultés qu’ils ont pu rencontrer pour répondre à des questions.

La phase test s’est déroulée au collège de l’Iroise où une trentaine de collégiens a accepté de se prêter au jeu sachant, qu’ils devraient remplir le bon questionnaire le jour où nous viendrions dans leurs classes. Après cette phase, nous avons saisi les questionnaires remplis pour s’assurer que toutes les modalités avaient été bien prises en compte que les liens entre les questions étaient faits, les filtres installés. Ce travail qui peut paraître fastidieux, permet de gagner du temps au moment de la saisie finale. Il peut permettre de fermer des questions ouvertes au départ quand on s’aperçoit que les réponses peuvent être organisées en modalités fermées.

LA PASSATION DES QUESTIONNAIRES

Le cahier des charges faisait apparaître la volonté d’exhaustivité de l’étude. Aussi pour « consulter l’ensemble de la population des adolescents scolarisés dans l’ensemble des collèges brestois », il faut réaliser l’enquête en passant par le biais des collèges. Ce mode de passation pose problème par rapport aux effets de la situation d’enquête dans les réponses. Pour assurer les adolescents de l’anonymat qui doit déontologiquement leur être garanti, nous pensions qu’il était souhaitable que les personnes faisant passer les questionnaires n’appartiennent pas au collège. Ainsi une équipe d’étudiants à été recrutée pour faire passer les questionnaires aux adolescents, sur un temps de permanence ou un temps de vie de classe où tous les élèves d’une même classe étaient présents (sauf malades ou autres absences).

L’équipe d’enquêteurs qui s’est également chargée de la saisie, donnait un certain nombre de consignes avant la distribution du questionnaire, puis aidait les collégiens à remplir les questionnaires. Les enquêteurs donnaient un code à chaque collégien selon le quartier (parmi les 31 quartiers de la ville) dans lequel il habite pour que les collégiens ne donnent pas le nom de leur rue.

Selon les collèges la passation s’est déroulée différemment, parfois comme au collège de la Croix Rouge, chaque niveau était interrogé en même temps, les huit classes de 6ème de 8h à 9h, les huit classes de 5ème de 9h à 10h, etc. Dans d’autres collèges un enquêteur était chargé de toutes les classes qu’il rencontrait à partir d’un planning de permanences.

Nous avons essayé de faire la passation des questionnaires au mieux, selon les souhaits des chefs d’établissement car nous n’étions pas dans la période la plus propice à ce type d’enquête. En effet la passation s’est déroulée entre le 9 et le 25 juin.

LA PARTICIPATION A L’ENQUETE DANS LES COLLEGES

Les collèges brestois comptaient 7013 élèves à la rentrée scolaire 2007-2008. Seul le collège Saint-Sauveur qui compte 147 élèves n’a pas participé à l’enquête. 5522 collégiens ont répondu au questionnaire. Le taux de participation à l’enquête est donc de 80,42 % .

157 questionnaires n’étaient pas utilisables car il manquait les caractéristiques principales : âge, sexe, collège d’appartenance, ville. Ainsi, les résultats concernent 5365 collégiens sur les 7013 inscrits à la rentrée, soit 76,5% des collégiens brestois.

Les élèves manquant sont principalement des élèves inscrits au niveau 3ème qui étaient en voyage scolaire dans certains collèges ou avaient quitté le collège pour préparer le brevet dans d’autres. Ainsi, par exemple aucun élève des classes de 3ème du collège de l’Harteloire n’a été interrogé. Il manque également de nombreux élèves des classes de SEGPA ou 3ème d’insertion qui étaient en stage professionnel. Enfin, parmi les élèves n’ayant pas participé à l’enquête il y a ceux qui étaient en voyage scolaire au moment de la passation.

Cependant, le taux de retour est largement satisfaisant et répond aux attentes de pertinence, fiabilité, et légitimité permettant d’obtenir une caractérisation fine. Dans les collèges Estran St-Marc, Croix-rouge, Saint-Pol Roux, toutes les classes ont été interrogées en même temps. On remarque, malgré cela, un taux de non réponse d’environ 10% qui correspond aux taux d’absentéisme au sein de chaque collège.

Portfolio

Documents joints

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Questionnaire déstiné aux collégiens