Journée échange - débat autour de l’usage du livre et de la médiathèque

mercredi 23 juillet 2008, par BALBOUS Solenn
Compte-rendu de la journée du 31 janvier 2008 (PEL Brest Europe)

Programme de la journée

9h : accueil

9h30-12h : échange sur les représentations de chacun par rapport au livre et à la bibliothèque animé par Margaret Hirschler de la DDJS - quelle place donne-t-on au livre dans son quotidien ? - quelles sont vos attentes par rapport à la bibliothèque ?

12h-13h30 : repas pris en commun sur place

13h30-16h : 1er temps : déambulation dans la bibliothèque : qu’est ce qui vous a intéressé ? Que manque-t-il ?

2ème temps : échanges d’expériences (crèche de l’Europe, mercredi des histoires, ateliers d’écriture, …).

16h-16h30 : bilan et perspectives

Rappel du contexte :

Introduction générale :

Lors de rencontres formelles ou informelles plusieurs d’entre vous ont émis le souhait d’échanger autour de la place du livre et de la bibliothèque dans l’éducation de l’enfant. Pour répondre à ces attentes nous proposons une journée échanges débats. Cette journée a été construite en lien avec la médiathèque de Pontanézen, le réseau des bibliothèques de la ville de Brest, le coordonnateur jeunesse et le PEL Europe.

Introduction de la journée par le personnel de la bibliothèque :

La bibliothèque existe dans le quartier depuis les années 1970, ce qui témoigne d’une politique très volontariste de la ville de vouloir implanter des bibliothèques au sein des quartiers. Le bâtiment existe avec à l’intérieur de belles collections… Mais il faut faire vivre cet équipement. Actuellement, la bibliothèque travaille beaucoup avec les scolaires. A l’inverse il existe peu de liens avec les acteurs du périscolaire, il est difficile de faire rentrer le livre dans les structures. L’idée aujourd’hui est donc de « déscolariser » le livre et de travailler sur les représentations de chacun par rapport au livre, d’échanger sur la place du livre dans notre vie, dans notre pratique professionnelle. La bibliothèque pour agir a besoin de créer une synergie avec les acteurs de quartier autour du livre. L’idée est de partager des valeurs communes, de construire des actions communes. L’intérêt de cette journée est de mettre autour de la table des personnes qui fréquentent régulièrement la bibliothèque avec des personnes qui la fréquente moins. On peut aujourd’hui regretter l’absence de certaines structures de quartier. Lorsque nous avons présenté « l’idée » de cette journée, l’ensemble des acteurs semblaient attentifs et réceptifs. Les préinscriptions rendaient légitime le déroulement de cette journée.

Préambule de Margaret Hirschler (Direction Départementale Jeunesse et Sport) :

Le rôle de Margaret est de faire ressortir les différences, les points de vue, les intérêts, les enjeux, les représentations de chacun. Magaret fait repréciser la commande, les introductions de la journée font apparaître deux attentes différentes : - la demande vient de la bibliothèque - la demande vient de tous les partenaires du quartier

La commande : Aujourd’hui on va traiter de la place du livre dans l’éducation de l’enfant. Si je comprends bien, vous parlez ici du livre et ni de lecture et ni de l’acte de lire. Pourquoi ? Pensons-nous tous la même chose en entendant ces mots ? Qu’entendons-nous dans le mot éducation ? L’éducation c’est le terreau commun. Quel est ce terreau commun ? Que voulons-nous donner … Comment pouvons-nous nous mettre à la place des enfants ? Et même pouvons-nous nous mettre à la place des enfants ?

Comment s’y prend-on pour créer une synergie autour de la bibliothèque ? Que veut-on comme avenir pour nos enfants ?

Face à ces questions, il est primordial de faire un travail sur les représentations.

En effet les représentations sont liées à nos habitudes, à nos expériences, à nos souvenirs, à nos croyances. Elles sont issues de notre histoire personnelle, familiale, sociale et portent l’empreinte de notre culture. Elles nous « traduisent » et parfois nous « trahissent ».

Les mettre à jour,  C’est permettre « un arrêt sur image »,  C’est montrer la multiplicité des points de vue,  C’est repérer les tendances, les confusions,  C’est échanger, comprendre (sans forcément adhérer), partager, dialoguer.

Pour vraiment travailler sur ses représentations il faut être prêts à croire, ne serait-ce qu’une minute » l’inverse de ce que l’on pense. (cela s’appelle le doute intellectuel)

Echanges sur les représentations :

Un premier travail sur le mot « livre » :

- Quand vous pensez au mot livre, à quels mots pensez-vous ? (4 ou 5 mots)
- Quand vous pensez au mot livre, comment le représentez graphiquement ?
- Si vous aviez une analogie à faire, « le livre c’est comme … » ? Une image qui vous vient à l’esprit. Avant d’engager les débats, chaque participant relit l’ensemble de ses réponses, essaie de comprendre pourquoi il a écrit ces mots, fait ce dessin…Les liens entre les 3 questions, et s’interroge sur ce que cela veut dire ?

Ce genre d’exercice peut-être fait avec les enfants, les parents… C’est une façon de recueillir des représentations assez rapidement. Mais il faut une préparation minimum et une exploitation préparée. Il faut aussi se dire que chacun a le droit de ne pas tout dire, car le travail sur les représentations peut déstabiliser une personne, et sa déstabilisation personnelle ne pourrait supporter une déstabilisation par le groupe. Il faut se dire aussi que sans ce travail, il n’y a pas véritablement de vrai travail de réflexion.

• Tour de table pour répondre à la question « quand vous pensez au mot livre, à quels mots pensez-vous ? »

Papier, mot, dessin, imaginaire, objet, culture, rêverie, évasion, solitude, calme, partage, culture, roman, histoire, écriture, plaisir, objet, imaginaire, magie, dessin, mot, partage, liberté, construction, plaisir, lecture, expression, roman, bouquin, BD, culture, auteur, album, histoire, conte, écriture, BD, carton, mot, objet, compréhension.

• Tour de table pour répondre à la question « pour vous, c’est quoi l’acte de lire » ?

• Tour de table pour répondre à la question « quand vous pensez au mot livre, comment vous le représentez-vous graphiquement ? »

A partir de cette question, il apparaît des représentations très différentes du livre. Chaque explication a été donnée par les personnes elles-mêmes.

 Dessin : un personnage allongé avec un livre ouvert dans les mains. Ici, le dessin représente un espace, un environnement agréable, intime qui favorise la lecture. On peut donc se poser la question : est-ce que la bibliothèque est un lieu agréable pour tous ? Peut-être doit-on travailler sur cet aspect pour aménager de lieux différents (lieux intimes, lieux de partage…). Le mot « agréable » a-t-il le même sens pour tous ?

 Dessin : un personnage avec des lunettes et un livre ouvert dans les mains. Ce dessin renvoie à la difficulté de l’accès. Pour lire, il faut des codes d’accès (représenter par les lunettes).

 Dessin : un personnage (tête) qui tient un livre dans ses mains. Les mains montrent que l’on prend possession du livre. La représentation de la tête fait référence à la nourriture intellectuelle (au sens réceptacle, imaginaire). C’est également l’idée d’être acteur (expression politique au sens de la cité), idée de liberté. C’est l’accès à l’information qui permet ensuite l’action. L’idée de tenir fait référence à un acte volontaire souvent individuel.

 Dessin : un livre fermé. Cela peut faire référence à l’accès aux savoirs difficiles. Aujourd’hui, la lecture ne passe pas forcément par le livre ni la bibliothèque, les villes sont couvertes de choses à lire.

Un deuxième temps sur l’autoportrait du lecteur :

Chacun réfléchit à ces questions, puis ensuite il est proposé un débat. Chacun ayant bien évidemment le droit de ne pas lire ses réponses, ou d’en lire seulement certaines.
- A chaque fois que vous lisez quelque chose, que lisez-vous ?
- Quelles sont vos habitudes de lecture ? Heures, lieux, moments propices, les rituels, seul, collective
- Où se trouvent les livres chez vous ?
- Quels sont vos plaisirs, vos difficultés avec la lecture ? (d’ordre technique, psychologique, matériel…)
- Quelles sont les conditions qui favorisent la lecture ?
- Est-ce que nos ascendants avaient des pratiques de lecture ? (grands-parents, parents, frères, sœurs…)
- Vous souvenez-vous de votre premier contact avec la lecture ?
- Vous souvenez-vous de votre premier souvenir d’un écrit lu sur lequel quelqu’un a porté un jugement positif ou négatif ?
- Face à l’acte de lire, essayer de vous souvenir du plus beau ou plus mauvais souvenir.
- Actuellement, est-ce que vous lisez tout type de choses écrites ou avez-vous des réticences pour lire certaines choses ?
- Actuellement, comment réagissez-vous face à une lecture pour laquelle on ne partage pas les idées ?
- Très récemment, vous souvenez-vous de quelqu’un qui a porté un jugement très négatif ou très positif sur quelque chose qui était à lire ?
- Actuellement, énumérez les lectures qui vous portent (à lire encore par exemple)
- Avez-vous des chantiers de lectures en ce moment ?
- Avez-vous des perspectives, des utopies de lectures et d’écritures ?

• Echanges / réactions autour de ces questions :

 Ces questions peuvent paraître indiscrètes. Cependant, on n’oblige personne à y répondre donc les questions ne sont pas indiscrètes, ce sont les réponses qui le sont.  Cet exercice peut être un peu déstabilisant.  Cet exercice nous questionne sur nos pratiques, « je me rends compte que je n’emprunte pas le bon chemin pour amener les autres aux livres ».  Cette réflexion peut avoir des impacts au niveau affectif (pratique de lecture de nos ascendants). « Ça peut être compliqué de le dire à l’oral ». (D’où les précautions préliminaires)  Cet exercice nous fait réfléchir sur notre relation à la lecture par rapport au temps (passé / présent). C’est l’idée que notre rapport à la lecture bouge, se transforme avec le temps.  D’un point de vue professionnel, comment peut-on réutiliser cet exercice ? Que peut-on en retirer ?

• Quelques réflexions de Margaret :

 Il faut se dire que lorsque quelqu’un fait quelque chose, il a toujours raison… Il faut essayer de comprendre pourquoi cette personne fait ou pense telle chose…Comprendre n’est pas adhérer. Notre regard, notre finesse professionnelle doit nous aider à comprendre cette personne. On ne juge pas, on observe avec le plus d’attention possible, simplement.

 Concernant la relation au temps, rien n’est figé. Ce n’est pas parce que l’on est lecteur aujourd’hui qu’on le sera demain. Et vice versa.

Quelques axes de réponses :

On a besoin de se sentir bien dans un lieu pour « approcher » le livre et la lecture. Comment va-t-on construire pour se sentir bien, lieu silencieux, bruyant … ?

Il est important de transmettre sa passion, son humanité : dire ce que l’on aime, n’aime pas… Il est nécessaire d’échanger de cœur à cœur. (Les psychanalystes disent que la transmission éducative passe d’inconscient à inconscient) Quand on lie sa pratique professionnelle à sa passion, il y forcément prise d’initiative, de risque, on repousse les limites. Très vite, on se retrouve pris dans le jeu institutionnel. Par définition, l’institution refuse le chaotique, contrôle plus qu’elle n’évalue…D’où l’importance d’avoir de la passion qui fait bouger les choses. (C’est le rapport instituant/institué)

Connaissez-vous les passions de ceux qui ne viennent pas à la bibliothèque ? Pour allez vers eux, dans les lieux, vers leur univers culturel. ? On peut faire un détour vers les passions pour se connaître, se comprendre, et certains peuvent venir à la bibliothèque parce que c’est votre lieu, celui qui vous passionne et qu’ils ont envie de « vous rencontrer » dans votre sensibilité.

Nous pourrions nous dire aussi, que pour trouver des réponses aux questions que nous avons, il est important de se poser les bonnes questions en ne se laissant pas enfermer dans « les outils » (une bibliothèque, par exemple ou un livre) mais en se réaffirmant les objectifs que l’on poursuit, en se reposant la question des valeurs qui nous donnent l’énergie pour l’action. Le travail sur les représentations est la première phase qui mène à cela.

Echanges d’expériences

Les lutins lecteurs

Cette action a lieu tous les premiers mardis du mois au centre social de Pen ar Créach en lien avec la médiathèque de Pontanézen. Elle s’adresse aux enfants accompagnés de leurs parents ou de leur assistante maternelle et aux enfants de la halte-garderie. Cette action est basée sur l’éveil des sens au travers des livres.

Temps fort famille

Le centre social de Pen ar Créach et les acteurs de proximité organisent un temps fort famille en avril 2008. La médiathèque organisera un temps d’échange autour des livres pour enfants avec les parents et les assistantes maternelles.

Projet en lien avec l’accompagnement à la scolarité de Kerbernard

Il est envisagé de développer une action autour du livre avec les enfants de l’école de Kerbernard fréquentant l’accompagnement à la scolarité les mardis et jeudis soir. A suivre…

Ecriture R’N’B au féminin

Cet atelier d’écriture s’adresse aux jeunes filles de 11 à 18 ans. Il a été mis en place à la médiathèque de Pontanézen en lien avec les partenaires du quartier (l’Escale, Club de prévention, Peuple et Culture, Is Théâtre, Escabelle, Danse à tous les étages, Danièle Lagattu, Marcel Léal…). L’idée de ce projet est de permettre aux jeunes filles du quartier de s’exprimer au travers de l’écriture puis le chant.

Crèche de l’Europe :

La crèche travaille à la médiathèque depuis 13 ans. L’idée est de transmettre à tous les enfants « un nid culturel ». La crèche a beaucoup travaillé autour des contes, comptines, chants. De nombreux professionnels et parents de la crèche ont été formés à ces techniques. Ses compétences acquises par les professionnels profitent également aux utilisateurs de la médiathèque (mise en scène de contes…). La crèche développe des liens avec les structures du quartier (foyer de Kerlivet, Ty Bemdez…). Elle a réalisé plusieurs CD de comptines et chants. La médiathèque se déplaçait aussi à la crèche : présentation de livre aux parents, prêts de CD de comptines en langues étrangères.

Classe passerelle

Des liens avec la médiathèque se développent. Avant d’aller à la médiathèque, il est important de créer des liens au sein de la classe (atelier en petit groupe…). Myriam accompagne les parents et les enfants vers les actions existantes : les bib’lutins, les parents raconteurs d’histoires… L’équipe de professionnels de la classe envisage la création d’un imagier.

Le mercredi des histoires :

C’est un temps d’écoute à la médiathèque de Pontanézen avec la venue d’un intervenant (contes, marionnettes, théâtre...) pour enfants de 6 à 9 ans 1 fois par mois. Les enfants viennent d’horizons divers : individuellement accompagné d’un adulte, avec les CLSH, ou dans le cadre d’un prolongement de l’action d’un lieu d’accueil Parents/Enfants. Cette action est parfois reprise et valorisée dans les structures participantes. Par exemple Planète Loisirs, à créer, au sein de sa structure, une cabane à histoires, ce qui permet de nourrir l’imaginaire des enfants. Cette action mérite aujourd’hui de se développer sous d’autres formes. Certaines structures souhaitent que le conteur se déplace chez eux. Certaines regrettent le faible partenariat entre les structures fréquentant le mercredi des histoires. La forme de ce projet est donc à retravailler. Il est envisagé de questionner les enfants sur leurs souhaits.

La MPT de Pen ar Créach

Elle souhaite développer les liens notamment autour des pratiques sportives.

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