La définition partagée de la réussite éducative à Brest (Février 2006)

vendredi 3 février 2006, par Paul Monnoyer

La définition partagée de la réussite éducative
Cette définition de la réussite éducative est le fruit du travail du groupe projet inter-institutionnel chargé de la mise en place du dispositif de réussite éducative. Il est composé de la ville de Brest, de Brest métropole océane, du CCAS, du Conseil Général, de l’Education Nationale, de la Direction Départementale de la Jeunesse et des Sports, et de la CAF du Nord Finistère.

La réussite éducative se décline en 4 axes :

L’estime de soi et la confiance en soi comme capitaux personnels indispensables à la construction d’une trajectoire personnelle positive,

La capacité à vivre en société, à entrer en relation avec autrui, dans le respect des autres et de soi-même,

L’acquisition d’une capacité d’insertion scolaire et professionnelle,

La mise en œuvre d’un projet personnel à partir de la mobilisation de l’ensemble de ses ressources.


La réussite éducative couvre plusieurs aspects liés les uns aux autres. Il s’agit globalement de favoriser le développement des ressources de l’enfant - au niveau de la construction de son identité, de l’acquisition de savoirs fondamentaux, de ses capacités à vivre en société - pour lui permettre de devenir acteur de son parcours, dans le respect de lui-même et d’autrui. Et ceci non uniquement à l’âge de l’enfance ou de l’adolescence, mais tout au long de la vie.

L’estime de soi et la confiance en soi

La connaissance et l’acceptation de ce que l’on est, l’estime de soi et la confiance en soi
, sont indispensables à l’épanouissement de l’enfant, à sa capacité à construire son identité propre, à développer une vie intérieure harmonieuse et riche. Une éducation réussie est donc une éducation qui favorise la connaissance de ce qui définit tout un chacun, ses forces, ses limites, et qui permet à l’enfant de porter un regard encourageant et valorisant sur lui-même. De ce point de vue, il existe des préalables nécessaires quoique non suffisants : un enfant dont les besoins premiers (nourriture, logement, habillement, affection) ne sont pas satisfaits n’est pas en position favorable du point de vue de la réussite éducative, de même qu’un enfant qui n’est pas respecté en tant que tel et qui porte des problèmes d’adulte, et qu’un enfant qui ne bénéficie pas de repères éducatifs adaptés. Cela met aussi en jeu la question de la reconnaissance du droit à l’enfance, à la découverte, au rêve. De même que la capacité à savoir exprimer et partager ses émotions de façon non violente.

La capacité à vivre en société, à entrer en relation avec autrui

En tant qu’être social, tout enfant doit pouvoir vivre en société, avec les individus qui la composent. La reconnaissance de l’autre, la capacité à entrer en relation avec lui et à le considérer comme une ressource, la prise de conscience de la richesse de la diversité de la société et des multiples représentations du monde qui la composent sont autant de compétences et de savoirs-être qui, lorsqu’ils sont acquis, témoignent de la réussite éducative. Au-delà, posséder des valeurs telles que la solidarité et l’esprit d’équipe et avoir envie d’agir pour le bien commun sont des objectifs à poursuivre pour une éducation réussie. Il en est de même de l’acceptation des règles de la collectivité, la connaissance de ses droits et de ses devoirs, c’est-à-dire la constitution de l’enfant comme citoyen de la société à laquelle il appartient. Il apparaît en outre nécessaire qu’il puisse comprendre le monde et qu’il soit capable de se situer dans un environnement. De ce point de vue, la possibilité de participer pour l’enfant à des activités qui correspondent à ses centres d’intérêt paraît importante.

L’acquisition d’une capacité d’insertion scolaire et professionnelle

Une éducation réussie doit donner la possibilité d’une réelle insertion professionnelle des jeunes. Celle-ci passe par l’acquisition des savoirs fondamentaux transmis à l’école, au collège, au lycée, l’orientation scolaire et professionnelle en rapport avec ses possibilités et ses désirs et l’obtention d’une qualification valorisée sur le marché de l’emploi dans les meilleures conditions possibles sont autant d’éléments qui favorisent cette insertion. Le respect des rythmes propres à chacun vis-à-vis des apprentissages, la meilleure adéquation possible entre les capacités de l’enfant et ses aspirations pour la mise en œuvre d’un parcours éducatif qui lui permette de développer avec l’étendue la plus large possible ses potentialités sont à rechercher. La capacité d’insertion met néanmoins en jeu d’autres compétences telles que la capacité à communiquer, à entrer en relation avec les autres ou encore à se déplacer, à être mobile, à s’adapter au contexte social, économique. Pour réussir à se faire une place, à entrer dans la vie professionnelle, ne faut-il pas en effet être capable d’élaborer un projet professionnel, de se projeter dans l’avenir, de prendre des contacts, de chercher de l’information, d’être mobiles ? Or, on sait que ces compétences, qui ne sont pas intégrées la formation initiale, sont plutôt transmises dans la sphère privée et sont donc moins partagées par les enfants issus de milieux défavorisés.

La mise en œuvre d’un projet personnel

Enfin, il s’agit de permettre à l’enfant d’être en mesure de mobiliser l’ensemble de ses expériences (ses réussites mais aussi ses difficultés), de ses ressources et de celles de son environnement, de ses envies et tout ce qui caractérise son individu pour construire et mettre en œuvre un projet personnel, une trajectoire de vie, pour envisager l’avenir avec enthousiasme. Entrent ici en jeu la capacité à se saisir des expériences quelles qu’elles soient et à en extraire le positif, la capacité à faire des choix et la possibilité de peser in fine sur son parcours, en contrant les difficultés induites par certaines situations familiales, socio-économiques, géographiques, etc, et la capacité à réagir et à s’adapter à des situations nouvelles. Il s’agit bien de rendre l’enfant acteur de la société dans laquelle il évolue, tout à la fois en consolidant la construction de sa personnalité et ses capacités à vivre en société.

La réussite éducative ainsi définie est le fruit d’une éducation partagée mise en œuvre par l’ensemble des acteurs qui interviennent auprès de l’enfant au premier rang desquels se trouvent les parents et la famille, les acteurs de l’institution scolaire et également tous ceux qui sont en lien avec l’enfant durant son temps libre, qu’ils soient professionnels ou bénévoles.

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