Rencontres nationales des PEL - Présentation

mardi 12 septembre 2006, par Paul Monnoyer

Comme le dit P. Meirieu [1], les trois principales institutions qui ont en charge l’éducation s’organisent chacune autour d’une fonction qui renvoie à une logique essentielle mais non exclusive et qui constitue leur fondement : l’enseignement pour l’école, la socialisation pour les structures de loisirs, la filiation pour la famille, ce qui n’empêche pas que l’école ait aussi une mission de socialisation et la famille d’enseignement.
Ces trois logiques ne convergent pas spontanément : elles peuvent reposer sur des notions qui, prises isolément, constituent des vérités générales et antinomiques tels que le particulier / l’universel, ou l’épanouissement individuel / l’imposition de règles. La juxtaposition de ces différentes logiques peut nuire à la cohérence et à la continuité éducative, en multipliant l’offre d’activités sans les coordonner entre elles et sans penser globalement les temps de vie de l’enfant par exemple, ou encore en poursuivant des objectifs pédagogiques éloignés, voire opposés.

Dans un tel contexte, il apparaît important, afin de prévenir le risque d’éparpillement et de garantir le sens de l’action menée, de formuler un projet éducatif collectif et ambitieux à l’échelle du territoire de la ville. C’est ce que permet le Projet Educatif Local. Le PEL dit ce que les acteurs locaux envisagent pour assurer collectivement leurs responsabilités et conduire des générations successives d’enfants habitant sur leur territoire jusqu’à l’entrée dans l’âge adulte. Il dit par conséquent aussi quels adultes ces acteurs locaux espèrent former.
En tant que texte qui émane du local, qui modifie l’espace de référence des acteurs locaux et tente de construire un système d’action publique différent s’appuyant sur le territoire, le PEL permet à tous les partenaires éducatifs de formuler des objectifs communs, de s’approprier une culture et un langage communs. Le PEL est en effet une démarche nouvelle qui doit permettre une relecture de l’ensemble du domaine éducatif jusqu’aux actions éducatives elles-mêmes, pour produire collectivement du sens dans un contexte donné.

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Tous ceux qui sont engagés dans ces démarches ressentent le besoin de faire le point sur leurs pratiques, de confronter leurs interrogations, de partager leurs expériences

Les premières rencontres nationales des projets éducatifs locaux visent à créer un espace d’observation, d’échanges, de réflexion, de confrontation, à partir de l’expérience locale. Ces rencontres doivent permettre d’identifier et de débattre sur des sujets « pointus » relatifs à la mise en œuvre des politiques éducatives territoriales, et ce afin d’accompagner la mobilisation autour des PEL, de remobiliser les énergies, d’alimenter, au-delà de la rencontre, les différents réseaux et de soutenir la transformation locale.

Se déroulant à Brest du 18 au 20 janvier 2006, elles s’organisent autour de différentes formes de communication :

- Un temps de clarification : définition d’un langage commun (Projet, Education, Territoires, Publics.)

- Des présentations de réalités locales, illustrant la question centrale des places et rôles des acteurs

- Des temps d’ateliers, de Forum, des « rencontres professionnelles »

- Une mise en perspective qui fasse sens entre les témoignages et les « visées politiques »
Des éléments de réponse à la question « Que faire au local ? Comment ? »

- Des « actes des rencontres », lisibles par les acteurs absents, qui puissent être éléments de culture sur la question centrale « L’éducation à l’épreuve des territoires »

[1] Eduquer ensemble à l’échelle du territoire. Pourquoi ? Comment ?, Conférence de P. Meirieu aux 2èmes rencontres nationales de l’éducation de rennes en mars 2000.

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